4 min▪8 octobre 2026▪, ▪

Mobilisation lycéenne à La Réunion : condamner les dégradations, entendre la colère de la jeunesse

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Lycéens mobilisés à La Réunion lors de la journée du 1er octobre

La Voix Citoyenne – La Réunion condamne fermement les dégradations d’équipements publics survenues lors de la mobilisation lycéenne, à La Réunion comme en France hexagonale. Mais elle appelle aussi à ne pas ignorer ce que dit ce mouvement : une jeunesse qui demande à être écoutée.

Infrastructures sportives, abribus, mobilier urbain, établissements scolaires, espaces de loisirs : ces équipements sont des biens communs, qui profitent d’abord aux jeunes et plus largement à toute la société. Les détériorer, c’est priver les habitants, et la jeunesse en premier lieu, de services dont elle a besoin.

Rien ne justifie ces actes. Mais ils ne doivent pas faire oublier le message porté par cette mobilisation.

Une mobilisation lycéenne d’ampleur, qu’on ne peut réduire à ses débordements

Plus de 600 établissements ont été concernés par la journée du jeudi 1er octobre, et dans beaucoup d’entre eux, la mobilisation s’est déroulée dans le calme.

Née quelques semaines seulement après la rentrée, dans des lycées de banlieue parisienne qui ne se mobilisaient pas habituellement, elle s’est étendue à d’autres villes de façon spontanée, par les réseaux sociaux, sans organisation unique pour la porter. Les débordements, bien réels, ne sont qu’une partie de l’histoire.

Pourquoi les lycéens sont en colère

Les lycéens expriment des préoccupations profondes :

  • les inégalités sociales ;
  • les différences de traitement entre établissements ;
  • le réchauffement climatique ;
  • leur place dans la société et la manière dont elle les écoute ;
  • des conditions d’études dégradées et des professeurs non remplacés.

Ces constats rejoignent ce que la Voix Citoyenne observe depuis des années : une jeunesse oubliée, qui souffre de solitude et du manque d’empathie d’une société qui ne lui parle que pour la rappeler à l’ordre. On lui demande en outre d’hériter d’une dette climatique et financière dont elle n’est pas responsable.

Les gouvernements successifs ont trop souvent sacrifié la jeunesse sur l’autel de l’austérité et du profit, au détriment de l’éducation, de l’accompagnement et des services publics de proximité.

Même si le mouvement venait à s’essouffler, ces raisons ne disparaîtraient pas : elles couvent et elles restent.

La Voix Citoyenne mobilisée aux côtés des jeunes

Ce combat n’est pas nouveau. Depuis sa création, la Voix Citoyenne est mobilisée aux côtés de la jeunesse et porte des propositions concrètes en réponse à ses revendications :

  • Lutte contre le changement climatique et adaptation : des positions en faveur de politiques ambitieuses, afin que les jeunes ne soient pas les seuls à porter le poids d’une crise qu’ils n’ont pas causée ;
  • Une maison de la santé mentale : sa création a été proposée pour offrir aux jeunes un lieu d’écoute et d’accompagnement face à l’isolement et à la souffrance psychique ;
  • L’expérimentation de la sécurité sociale de l’alimentation pour les jeunes : la Voix Citoyenne propose de la tester, pour garantir à chacun un accès à une alimentation de qualité, quelles que soient ses ressources.

La colère des jeunes n’est pas une découverte : elle a été entendue, relayée et accompagnée de propositions bien avant qu’elle ne s’exprime dans la rue.

« Cette jeunesse ne demande pas la charité, elle demande d’être entendue. Nous la savons lucide sur le climat, sur l’école, sur son avenir. Condamner les dégradations est nécessaire, mais la vraie réponse, c’est d’agir : santé mentale, alimentation, transition écologique. Nos propositions existent, il est temps de les écouter. »
— Giovanni Payet, Président de la Voix Citoyenne – La Réunion

Ce que demande la Voix Citoyenne – La Réunion

La Voix Citoyenne – La Réunion appelle :

  • les jeunes à porter leurs revendications sans porter atteinte aux biens communs dont ils sont les premiers bénéficiaires, et s’engage à leur donner la parole ;
  • les pouvoirs publics à ouvrir sans délai un dialogue réel avec les lycéens, même en l’absence d’interlocuteur unique, et à répondre à leurs préoccupations concrètes : remplacement des professeurs, conditions d’études, égalité entre établissements ;
  • les élus et les institutions à investir durablement dans l’éducation, la santé mentale et les lieux de vie pour les jeunes, à agir pour le climat, et à faire de la justice entre les générations une priorité, en s’appuyant sur les propositions déjà soumises ;
  • l’ensemble des citoyens à retrouver le chemin de l’écoute et de la solidarité envers la jeunesse.

En résumé

Une société qui néglige sa jeunesse récolte tôt ou tard le désarroi qu’elle a semé. La Voix Citoyenne – La Réunion reste disponible pour contribuer à ce dialogue, dans le respect de chacun et des biens que nous partageons.

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