2,8 min23 avril 2026, , ,

Mal-logement à La Réunion : mettre fin à la « spirale du pire » et créer un plan de sauvetage d’urgence

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Giovanni Payet et la voix citoyenne présentent pour la présentation de l'état du mal logement à La Réunion

Ce 23 avril 2026, à l’occasion de la présentation du rapport annuel de la Fondation pour le Logement, Giovanni PAYET, Président de La Voix Citoyenne – La Réunion, a dressé un constat alarmant de la situation sociale sur l’île. Entre effondrement des budgets et explosion de la précarité, le mouvement exige une rupture immédiate avec l’inertie actuelle.

Un constat de faillite sociale et un « naufrage moral »

Pour La Voix Citoyenne, les chiffres présentés cette année ne sont pas de simples données statistiques : ils illustrent une convergence inédite de trois échecs politiques majeurs sur le territoire réunionnais.

Le rapport met en lumière l’abandon des personnes en situation de grande précarité, l’incapacité de l’Aide Sociale à l’Enfance (ASE) à protéger les plus jeunes — y compris des nourrissons — et le délaissement critique des personnes en situation de vulnérabilité psychiatrique.

« Ce ne sont plus des statistiques, ce sont les visages d’une société qui renonce à ses valeurs », martèle Giovanni PAYET. « Quand 1 300 enfants dorment à la rue à La Réunion, ce n’est plus une crise, c’est un naufrage moral. »

Le « sacrifice » de la Ligne Budgétaire Unique (LBU)

Au cœur de l’indignation du mouvement citoyen : la réduction drastique de la Ligne Budgétaire Unique (LBU), levier pourtant indispensable au financement de l’habitat social outre-mer.

Pour 2026, l’enveloppe pourrait être ramenée à 27 millions d’euros, contre 85,65 millions en 2024. Cette coupe de près de 60 millions d’euros est jugée « inconcevable ». Elle condamne non seulement des milliers de chantiers déjà prêts à sortir de terre, mais elle assigne surtout des milliers de foyers réunionnais à la survie dans des logements indignes.

5 mesures d’urgence pour sortir La Réunion de l’impasse

Face à cette urgence vitale, La Voix Citoyenne – La Réunion propose une feuille de route opérationnelle en cinq points clés :

  1. Rétablissement immédiat de la LBU : Un retour à hauteur des besoins réels, soit 70 millions d’euros minimum.

  2. Création d’une Task Force opérationnelle : Une instance de pilotage de crise réunissant l’État, la Région, le Département, les EPCI, les bailleurs sociaux et les associations, dotée de pouvoirs de décision réels.

  3. Régulation stricte des meublés de tourisme : L’application ferme de la loi Le Meur (2024) par les maires pour limiter les locations type Airbnb et libérer le parc locatif privé pour les résidents permanents.

  4. Expertise statistique : Le lancement d’une étude coordonnée par l’INSEE pour obtenir enfin un recensement fiable et exhaustif des sans-abris à La Réunion.

  5. Reconnaissance des acteurs de terrain : Intégrer pleinement les associations et structures de l’Économie Sociale et Solidaire (ESS) dans la stratégie globale.

Un appel à la responsabilité collective

En conclusion de son intervention, Giovanni PAYET appelle les décideurs locaux et nationaux à sortir du déni et des querelles institutionnelles. Cet appel s’adresse également aux opérateurs économiques et à chaque habitant pour défendre un droit fondamental : celui de disposer d’un toit décent et digne.

« Le logement n’est pas une variable d’ajustement budgétaire, c’est un droit fondamental. Nous demandons aux élu·es, à l’État et aux opérateurs économiques d’agir avant que l’insupportable ne devienne la norme. »

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